La prostatectomie radicale

Qu’est ce que c’est ?

C’est l’ablation complète de la prostate, et des vésicules séminales, avec section des canaux déférents.
On réalise cette intervention uniquement dans le cas de cancer de la prostate.

Comment se passe l'opération ?

Pour accéder à la prostate, il faut passer par le ventre. On peut y accéder en faisant une large incision en chirurgie conventionnelle ou en chirurgie mini-invasive par laparoscopie avec ou sans robotique.
Cabinet du Dr Aurel MESSAS
107 avenue Victor Hugo
rez de chaussée (fond de cours)
75116 Paris
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laparoscopie

La prostate se situe entre la vessie et le canal de l’urètre. On retire la prostate et on suture la vessie au canal de l’urètre pour rétablir la continuité de la voie urinaire.

suture de la vessie prostatectomie

Pendant l’intervention, le chirurgien urologue place une sonde vésicale dans la vessie, cette sonde est un tuyau creux qui passe dans le canal de l’urètre par la verge au travers de la suture, pour permettre aux urines de s’écouler par la sonde, en attendant que la suture sur la voie urinaire cicatrise.

sondage vésical

Lors de l’intervention, on peut réaliser dans la plupart des cas une conservation des nerfs de l’érection, qui passent à coté de la prostate, pour réduire le risque de troubles sexuels à la suite de l’intervention.

La journée opératoire (JO)

En salle d'opération
L’intervention dure habituellement 2 à 3 heures. Elle peut durer plus longtemps si la prostate est volumineuse, si le patient présente des particularités anatomiques ou s'il faut retirer les ganglions.
Grâce aux progrès de l’anesthésie et à l’utilisation de produits à élimination rapide, la durée de l'anesthésie générale ne constitue pas un risque important, sauf pour les patients qui présentent des pathologies associées importantes (insuffisance coronarienne, insuffisance respiratoire...).

Sortie de salle
Après l'opération, le patient passe quelques heures en salle de réveil avant d’être reconduit dans sa chambre. Il aura ensuite une période de somnolence ou de sommeil entrecoupé pendant quelques heures avant de retrouver la forme. Aussi, il ne sert à rien de rendre visite au patient pendant les 7 heures qui suivent l’intervention.

Le matériel médical que porte le patient en sortant du bloc

Au retour du bloc opératoire, le patient porte plusieurs dispositifs médicaux sur lui.

Une sonde vésicale
C’est un tuyau souple et creux qui passe par la verge et qui va jusque dans la vessie. Il passe au travers de la suture qui a été réalisée pour replacer la vessie en continuité avec l’urètre. Cette sonde est maintenue jusqu’au 7ème jour post opératoire.

Une perfusion
C’est votre goutte à goutte. Il permet d'apporter des liquides et des médicaments. Dès que le patient aura repris son alimentation, cette perfusion pourra être retirée. La tubulure qui va jusqu’à la poche de liquide perfusée ne doit pas être coudée, ou obturée.

une perfusion

Une drain de redon
Il s’agit d’un tube creux qui collecte les liquide provenant de l’intérieur du ventre. Il est placé juste à l’endroit où la prostate se trouvait pour récupérer les sécretions ou saignements qui peuvent se présenter autour de la région opérée. Il est relié à un bocal gradué fermé qui permet de mesurer la quantité de liquide recueillie et doit être retiré dans les premiers jours post-opératoires en fonction de la quantité de liquide.

un drain de redon

Plusieurs pansements sur l’abdomen
Ils sont posés sur chaque incisions de 5mm ou 1 cm.

Des bas de contention élastiques
Ces bas de contention évitent au sang de stagner dans les jambes. Il doivent être maintenus en place jours et nuits durant les 30 jours qui suivent l’opération. Ils diminuent le risque de formation d’un caillot de sang dans une veine (phlébite) qui peut survenir suite à cette intervention.

Pendant l’hospitalisation : les symptômes

Liés à la sonde vésicale
  • Spasmes en bas du ventre
    Lorsque l’on porte une sonde, l’urine est recueillie en permanence par la sonde il n’est plus utile d’uriner.Cependant la vessie peut parfois se contracter et provoquer comme une envie d’uriner. Il convient de se relâcher et laisser passer les urines dans la sonde jusqu’à ce que la vessie se vide. On traite ce symptôme en donnant des médicaments après avoir vérifié que la sonde n’est pas bouchée.

  • Une douleur à l’extrémité de la verge
    La sonde peut irriter le canal de l’urètre à l’extrémité de la verge. On peut limiter cela en maintenant la sonde fixée à la cuisse par un sparadrap, qui limite les mouvements de la sonde et appliquer un gel anesthésiant au bout de la verge.

  • Douleur au bas ventre avec sensation de vessie pleine
    Cela peut faire penser que la sonde est bouchée : l’infirmière doit être appelée pour effectuer un lavage par la sonde.


La gestion de la douleur
La douleur est calmée selon un protocole thérapeutique qui repose sur l’évaluation par échelle analogique de la douleur. Il vous sera demandé de coter entre 0 et 10 la douleur que vous ressentez. Des médicaments vous seront prescrits jusqu’à obtenir une sédation complète de la douleur.

Les soins post-opératoires :

L’injection d’anticoagulant
Chaque jour, on réalise une injection en bas du ventre ou sur la cuisse pour diminuer la coagulation de votre sang, cela permet de prévenir la phlébite et l’embolie pulmonaire.

L’ablation de sonde :
Elle est réalisée par une infirmière : c’est une manipulation qui dure 1 à 2 secondes et qui n’est pas douloureuse. On branche une seringue sur la sonde pour dégonfler le ballon qui se trouve dans la vessie. On fait glisser la sonde vers l’extérieur en 1 à 2 secondes délicatement.

Après l’ablation de sonde, vous pouvez être surpris par de nombreux symptômes qui ne sont pourtant pas graves :
  • Des fuites d’urines
    Il est tout à fait habituel de présenter des fuites d’urine tout de suite après l’ablation de la sonde. L’incontinence ne persistera pas.

  • Besoins pressants d’uriner
    Il est habituel de ressentir des besoins pressant après le retrait de la sonde. Le corps étranger que représente la sonde à créé une irritation locale qui peut provoquer ce symptôme.

  • Sang dans les urines
    Des saignements sont habituels. Ils peuvent persister quelques jours après l’ablation de sonde et imposent de boire davantage (2 litres d’eau par jour) pour diluer le sang. Les saignements peuvent réapparaître 2 à 3 semaines après l’intervention à cause de la dissolution de la croute qui s’est formée sur la zone opérée.
    Ce phénomène est habituel et non inquiétant, à condition qu’il soit peu abondant et qu’il diminue progressivement,
    sinon il faut en informer le chirurgien. De même, si le saignement contient des caillots qui rendent difficile d’uriner, il faut consulter en urgence.


Après le retour au domicile

Sortie avec ou sans sonde vésicale ?
La sortie d’hospitalisation est le plus souvent possible le 3ème jour post-opératoire. Dans ce cas, le patient sort avec la sonde vésicale. Pour la journée, et les sorties, il existe un système de poche de petite taille qui s’attache à la jambe sous le pantalon. Ce dispositif se prescrit sur ordonnance et doit le plus souvent être commandé par votre pharmacien.
S’il est impossible de prévoir un retour au domicile avec la sonde, le patient restera hospitalisé jusqu’au 7ème jour, date de retrait de la sonde.

Bas de contention élastique
Les bas de contention doivent être maintenus sur les jambes jour et nuit jusqu’au 30ème jour post-opératoire.

Injection d’anticoagulant
Une injection par jour sera réalisée par une infirmière à domicile ou par le patient lui-même durant les 30 jours qui suivent l’intervention.

Soins sur cicatrices
Des soins seront réalisés chaque jour par l’infirmière. Elle retirera les fils autour du 10ème jour post-opératoire. Dans certains cas on utilise des fils résorbables pour la peau qui partiront dans le mois qui suit l’intervention.

Les symptômes

  • Fuites d’urine
    Après une prostatectomie radicale il est possible et fréquent de présenter des fuites d’urine durant le premier mois post-opératoire. Elles surviennent particulièrement lors d’un changement de position ou lors de la marche, la toux, le rire. Ces fuites se résolvent habituellement avec la rééducation pelvi-périnéale qui débutera un mois après l’intervention.

  • Impuissance
    Quel que soit le niveau de conservation des nerfs de l’érection que votre chirurgien à réalisé, il est très rare de présenter des érections spontanées durant l’année qui suit la chirurgie. Vous devez discuter avec votre urologue de la technique qui a été employée durant l’intervention et de la démarche qui est prévu pour la « rééducation sexuelle ». Pendant les six premiers mois un traitement devra être suivi pour faciliter la reprise ultérieure de la sexualité.

  • Sang dans les urines
    Du sang peut apparaître dans les urines 2 à 3 semaines après l’intervention. Il s’agit de la « chute d’escarre » : c’est la croute qui s’est formé lors de l’intervention qui se dissout et laisse réapparaitre un léger saignement.
    Ce n'est pas inquiétant mais impose de boire davantage d'eau afin de diluer les urines et éviter la formation de caillots de sang dans la vessie.
    Si ces saignements sont peu abondants et diminuent il n’est pas nécessaire de consulter.